La grande rade militaire de Toulon s’ouvre vers Giens, une presqu’île reliée à la Provence par deux étroits cordons de sable. Au-delà de ses salins s’étendent les Îles d’Or : Porquerolles, où le vélo relie le village du port aux plages, aux vignes et à l’art ; Port-Cros, où les sentiers forestiers et les eaux protégées donnent le ton ; et Le Levant, dont la petite communauté naturiste occupe la partie accessible d’une île en grande partie militaire. Les vents d’ouest et d’est changent sans cesse les rivages qui invitent à une escale.
La côte nord de Porquerolles à Notre-Dame.Photo : A. Delesse (Prométhée)
Bandol et Sanary jalonnent l’approche occidentale de Toulon. À l’est de la rade, Giens sépare le golfe de Giens de la rade d’Hyères. Porquerolles se trouve juste au-delà de sa pointe sud ; Port-Cros et Le Levant prolongent l’archipel vers l’est, face à la côte de Bormes et du Lavandou. Les îles sont proches, mais l’arrivée, la vie à terre et les services disponibles changent nettement de l’une à l’autre.
Sur cette côte, le mistral peut s’orienter à l’ouest, tandis que les vents d’est exposent d’autres rivages. Giens et les îles présentent souvent deux façades opposées. L’abri de Port-Man contre le mistral et l’exposition du port de Port-Cros aux forts vents d’ouest montrent combien les conditions diffèrent au sein d’une même île.
Toulon · la rade à l’ouest
Une ville navale autour d’une mer abritée
La rade depuis le mont Faron : ville, arsenal et mer abritée.Photo : Pierre Sénard
L’échelle de Toulon s’explique par l’eau. Saint-Mandrier et les collines environnantes entourent une rade assez vaste pour accueillir une ville navale ; les digues séparent la Petite Rade intérieure de la Grande Rade, plus ouverte. L’arsenal s’est développé sous Richelieu, Colbert et Vauban, et la marine domine toujours le front de mer. Navires militaires, ferries et bassins de travail font partie du paysage depuis un voilier de passage.
La Vieille Darse ouvre la ville civile sur l’eau.Photo : Chabe01
La Vieille Darse donne directement accès au centre ancien. Le marché du cours Lafayette, les rues piétonnes et les restaurants du front de mer permettent de profiter de la ville depuis son bateau. Près de l’entrée de l’arsenal, le Musée national de la Marine raconte comment ce port naturel est devenu une base navale méditerranéenne.
La rade fait aussi partie de la vie quotidienne. Les bateaux-bus du réseau Mistral desservent La Seyne, Les Sablettes et Saint-Mandrier. Une traversée en passager offre un autre regard sur ces eaux actives, avec la ville et le mont Faron en arrière-plan.
Giens était autrefois une île. Deux étroits cordons de sable, longs d’environ quatre kilomètres chacun, relient aujourd’hui son relief rocheux au continent. Ils forment un double tombolo qui enferme les salins des Pesquiers. À l’ouest, l’Almanarre regarde le golfe de Giens ; à l’est, La Capte et La Bergerie font face à la rade d’Hyères. Sur la presqu’île, la mer est proche dans les deux directions.
La lagune a rendu possible la production de sel. L’exploitation des Pesquiers, aménagée au XIXe siècle, a laissé un paysage ordonné de bassins et de digues ; la production s’est arrêtée en 1995, et la protection de la nature donne désormais une autre fonction à ces eaux. Flamants, hérons et autres oiseaux fréquentent un paysage dont la géométrie révèle encore le travail humain. Des visites guidées présentent les salins et leur faune ; l’accès à l’intérieur du site suit le programme publié.
Les deux façades expliquent aussi la place des sports de vent à Giens. Par vent d’ouest, l’Almanarre peut se couvrir de planches à voile alors que les conditions diffèrent de l’autre côté des cordons ; les vents d’est inversent l’exposition. Autour de la partie rocheuse, le sentier littoral monte parmi les pins et le maquis, avec des passages plus escarpés vers les caps occidentaux.
Port du Niel · sous le village de Giens
Le Niel est un petit port de pêche et de plaisance blotti sous le village. Après les bassins militaires de Toulon et les pontons de Saint-Pierre, il redonne à la presqu’île une échelle intime. Il mérite aussi une visite à terre.
La Tour Fondue · la traversée vers l’île
À la pointe sud de Giens, le petit fort du Pradeau domine le passage vers Porquerolles. Construit sous Richelieu, il surveillait une approche empruntée aujourd’hui par les navettes quotidiennes. La Tour Fondue est le terminal continental de cette traversée, distinct du port Saint-Pierre et d’une place d’escale pour un voilier.
Le port Saint-Pierre fait face aux îles depuis la rade d’Hyères. Ses commerces, ses professionnels du nautisme et ses restaurants en font une base pratique pour l’avitaillement, les réparations et les changements d’équipage.
Une autre visite : la vieille ville
La vieille ville s’élève à l’intérieur des terres, loin des quais. Ses ruelles en pente, ses petits ateliers et ses places de cafés offrent un autre cadre que la côte. Le trajet depuis le port fait partie de la visite : centre-ville, Saint-Pierre et Tour Fondue sont trois points d’arrivée distincts.
Porquerolles · village, vignes et plages
Arriver en bateau, explorer à vélo
Le port débouche directement sur le village, où les vélos se rassemblent près des commerces et des restaurants. Au-delà, les pistes traversent pinèdes, vignes et terres cultivées. Le changement de rythme est immédiat : le bateau vous a conduit sur une île dont l’intérieur mérite autant d’attention que le rivage.
Les navettes de la Tour Fondue donnent une forte pulsation quotidienne, surtout en juillet et août. Le village accueille à la fois habitants, plaisanciers et visiteurs des plages ; pêche et livraisons partagent le front de mer avec les bateaux de loisirs. Un séjour à bord permet de découvrir le village avant les arrivées les plus nombreuses et après le reflux des excursions, même si les soirées estivales peuvent rester animées.
La vigne appartient au paysage agricole vivant de Porquerolles.Photo : Herve5
En 1912, François-Joseph Fournier achète Porquerolles pour l’offrir en cadeau de mariage à sa femme Sylvia. Son entreprise agricole développe le vin, les agrumes, le maraîchage et l’élevage. Ce paysage cultivé fait l’intérêt d’une traversée de l’île à vélo : vignes et vergers interrompent les bois, et le moulin rappelle lui aussi une île façonnée par le travail.
Après l’acquisition d’une grande partie de l’île par l’État en 1971, la protection s’est aussi attachée à son patrimoine agricole. Les vergers conservatoires préservent des variétés de figuiers, d’oliviers et de mûriers. Le projet COPAINS associe leur entretien à un chantier d’insertion ; son circuit de découverte balisé raconte ce paysage au-delà des plages.
Près de La Courtade, la Villa Carmignac accueille des expositions contemporaines et un jardin de sculptures au cœur du paysage insulaire. On peut traverser l’île à vélo, puis changer encore de rythme à l’intérieur : les chaussures se retirent pour visiter la galerie pieds nus. La fondation publie son programme saisonnier et les modalités de billetterie ; les chemins d’accès peuvent fermer en cas de risque élevé d’incendie.
La Courtade est proche du village, tandis que Notre-Dame attire les visiteurs plus à l’est, sur la côte nord aux reliefs plus doux. À l’ouest, la plage d’Argent et le Langoustier offrent d’autres paysages. Au Langoustier, deux plages occupent les côtés opposés d’un isthme étroit : celle du nord est claire, tandis que le rivage sombre au sud conserve les traces des rejets d’une fabrique de soude du XIXe siècle. La côte sud de l’île est généralement plus rocheuse et plus escarpée.
Port-Cros se rassemble autour d’un petit port sous le fort du Moulin. Restaurants et maisons occupent une étroite bande entre l’eau et les pentes boisées ; les sentiers montent rapidement vers l’intérieur. Ici, on explore à pied. Les vélos sont interdits : une crête, un cap ou une baie éloignée prennent une autre échelle que la même distance à Porquerolles.
Le Parc national est créé en 1963 après une longue mobilisation d’habitants et de naturalistes. La donation de terres de Marceline Henry à l’État contribue à assurer cet avenir. Le village, ses établissements d’accueil et son histoire littéraire restent indissociables de l’île : sa protection est née de l’attachement à un lieu habité.
La Palud associe une marche en forêt à une autre forme de découverte. Depuis la plage, un parcours balisé en autonomie permet d’explorer les petits fonds avec palmes, masque et tuba. Le Parc n’accompagne pas ces visites. Le vent et l’état de la mer comptent ici : un fort mistral peut rendre la baie impropre au parcours.
Au-dessus du village, le fort de l’Estissac regarde la rade d’Hyères. Le fort du Moulin veille sur le port, tandis que celui de Port-Man occupe le promontoire oriental vers Le Levant. Leurs positions rendent lisible l’importance stratégique de l’île depuis la mer ; l’accès intérieur varie, et Port-Man est habituellement fermé au public. Le sentier des écrivains propose une autre lecture du passé de l’île au fil des chemins.
Sur la côte est de Port-Cros, Port-Man est connu pour son abri contre le mistral. Le fort qui le domine surveillait à la fois la baie et le passage vers Le Levant. Son exposition diffère de celle du port du village, mais l’abri ne suffit pas à déterminer où l’on peut mouiller : la carte marine actuelle du Parc s’applique aussi à cette baie.
Hors du village, il n’y a pas de point d’eau potable, et les chiens sont interdits. Le risque d’incendie peut entraîner la fermeture des sentiers. À La Palud et à la plage du Sud, les annexes de moins de 5 m utilisent les pontons dédiés ; les embarcations ne doivent pas être tirées sur les plages.
Le Levant change encore le récit. Héliopolis occupe une petite partie civile d’une île largement utilisée par un centre militaire d’essais de missiles. Fondée au début des années 1930 par les médecins André et Gaston Durville, la communauté naturiste s’est construite autour de la santé, de la vie au grand air et d’un autre rapport au corps. Elle reste un village vivant, avec des hébergements, des restaurants et ses usages propres.
L’île accessible est donc bien plus petite que ne le suggère son littoral. Chemins et escaliers relient le port, le village à flanc de colline et les lieux de baignade. Le naturisme fait partie de la vie locale ; l’association des visiteurs précise où la nudité est de règle et où il faut se couvrir, notamment au port. Le domaine militaire est fermé aux visiteurs ordinaires.
De l’autre côté de l’eau, La Favière est le port de Bormes, au bord de la plage ; le village perché de Bormes fait l’objet d’une visite distincte à l’intérieur des terres. Le Lavandou et le cap Bénat appartiennent à cette côte continentale qui se poursuit vers Cavalaire et le golfe de Saint-Tropez. À l’ouest, Sanary et Bandol jalonnent le retour vers La Ciotat et les Calanques.
La gare de Toulon rejoint le port par le centre-ville. L’aéroport de Toulon–Hyères est proche de la côte face aux îles, mais le dernier trajet dépend du port concerné. Saint-Pierre, la vieille ville d’Hyères et la Tour Fondue sont des destinations distinctes. Les navettes pour Porquerolles partent de la Tour Fondue ; les liaisons vers Port-Cros et Le Levant utilisent d’autres départs continentaux, dont Hyères et Le Lavandou selon le service.
Les navettes assurent aussi les liaisons quotidiennes des habitants et l’approvisionnement des îles. Horaires saisonniers, réservations en haute saison et interruptions météorologiques influencent ces traversées ; les opérateurs publient les points de départ et les informations de circulation actuels.
Les informations portuaires et celles du Parc ont été vérifiées le 22 septembre 2026. Les opérateurs et les pages du Parc indiqués publient les modalités locales actuelles. Chaque photographie porte son crédit et sa date.